Fiscalité Andorre vs France : le vrai comparatif en 2026
IRPF, IS, dividendes, IFI, exit tax : poste par poste
Précision juridique : Le taux de l'IRPF andorran est plafonné à 10 % (Llei 5/2014, art. 43). Le taux général de l'IS est de 10 % (Llei 95/2010, art. 41). Le minimum personnel exonéré s'élève à 24 000 € (Llei 5/2014, art. 35). Les dividendes versés par une société andorrane à un résident andorran sont exonérés d'IRPF (Llei 5/2014, art. 5.j). Aucun impôt sur la fortune, aucun droit de succession en ligne directe.
La question se pose à chaque entrepreneur, dirigeant ou investisseur qui regarde objectivement sa fiscalité française : l'Andorre représente-t-elle réellement une alternative? La réponse ne se trouve pas dans les discours approximatifs qui circulent sur les réseaux. Elle se trouve dans la lecture précise des deux systèmes fiscaux, poste par poste, avec les chiffres vérifiés. C'est exactement ce que fait cet article.
Andorre n'est pas un paradis fiscal au sens traditionnel du terme. C'est un État souverain de 77 000 habitants, membre de l'OCDE en matière de transparence, signataire du CRS et du FATCA, qui dispose d'une fiscalité structurellement basse — non pas par exception temporaire, mais par architecture permanente de son système tributaire. La différence est fondamentale.
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Deux architectures fiscales radicalement différentes
Comparer la fiscalité andorrane et la fiscalité française, c'est comparer deux philosophies opposées de l'impôt. La France construit son système sur la progressivité et la redistribution, avec des taux élevés sur les revenus et les patrimoines les plus importants. Andorre a construit le sien sur la simplicité et la stabilité : un taux unique, peu d'exceptions, peu de niches, mais un niveau structurellement bas.
L'IRPF andorran — l'équivalent de l'impôt sur le revenu — n'existe que depuis 2015. Il a été conçu d'emblée avec un plafond à 10 % et un minimum exonéré de 24 000 €, afin de préserver l'attractivité du territoire sans pour autant maintenir le régime de 0 % que l'OCDE ne tolérait plus. L'IS andorran a suivi la même logique : 10 % de taux général, sans coûts de substance, sans exigences de présence minimale du dirigeant.
Ce qui distingue fondamentalement Andorre de la France, ce n'est pas seulement le niveau des taux. C'est l'absence de plusieurs impôts entiers : pas d'impôt sur la fortune immobilière, pas de droits de succession en ligne directe, pas de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, pas de taxe sur les métiers. L'assiette fiscale totale est structurellement plus étroite.
La convention franco-andorrane de 2015 — le cadre juridique de référence
Depuis l'entrée en vigueur de la convention fiscale franco-andorrane en 2016, les relations fiscales bilatérales sont encadrées par un texte précis qui définit les règles de partage du droit d'imposer selon la nature des revenus. Cette convention — disponible sur le BOFiP — est la condition sine qua non d'une expatriation fiscale vers l'Andorre sécurisée pour un ressortissant français. Elle définit notamment les critères de résidence fiscale, les taux de retenue à la source sur dividendes et intérêts, et les mécanismes d'élimination de la double imposition.
Elle n'est pas une protection inconditionnelle : elle contient une clause anti-abus et une disposition autorisant la France à imposer ses ressortissants comme si la convention ne s'appliquait pas, dans certaines conditions. Ces clauses n'ont pas encore été activées — mais elles rappellent que la résidence fiscale andorrane doit être réelle et substantielle, pas administrative.
Le comparatif poste par poste — données 2026
| Poste fiscal | ★ Andorre | France |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu (taux max) | 10 % (plafonné) | 45 % (tranche haute) |
| Minimum exonéré | 24 000 € / an | 10 777 € (part) |
| Impôt sur les sociétés | 10 % (taux général) | 25 % (taux normal) |
| Dividendes (résident) | Exonérés d'IRPF | Flat tax 30 % (PFU) |
| TVA / IGI | 4,5 % (taux normal) | 20 % (taux normal) |
| Impôt sur la fortune (IFI) | Inexistant | 0,5 % à 1,5 % au-delà de 1,3 M€ |
| Droits de succession en ligne directe | Exonération totale | 5 % à 45 % |
| Plus-values mobilières | Exonérées sous conditions (art. 5.k) | Flat tax 30 % |
| Plus-values immobilières | 0 % à 15 % selon durée de détention | 19 % + prél. sociaux (dégressif) |
| Cotisations sociales | CASS : ~6 % salarié | Jusqu'à 22 % salarié + patronales |
| Contribution exceptionnelle hauts revenus | Inexistante | 3 % à 4 % au-delà de 250 k€ |
| Prélèvements sociaux sur revenus du capital | Inexistants | 17,2 % |
| Droits de mutation immobilière | 4 % à 4,5 % | ~8 % (droits d'enregistrement) |
| Stabilité réglementaire | Très élevée — aucune réforme majeure | Réformes fréquentes (PLF annuels) |
Sources : Llei 5/2014 (IRPF), Llei 95/2010 (IS), CGI 2026. La colonne Andorre correspond au périmètre d'expertise d'Engage. Chaque situation patrimoniale nécessite une analyse individualisée.
L'IRPF andorran en détail : ce que le taux à 10 % signifie vraiment
Le taux de 10 % prévu à l'article 43 de la Llei 5/2014 est un taux unique, non progressif. Il s'applique sur les bases de liquidation générale et d'épargne après déduction du minimum personnel exempt. Concrètement : les premiers 24 000 € de revenus annuels ne sont pas imposés — ce seuil monte à 40 000 € lorsque le conjoint n'a aucun revenu à déclarer.
Au-delà, le taux est uniforme à 10 %. Il n'y a pas de tranche à 30 %, pas de tranche à 41 %, pas de tranche à 45 %. Un résident andorran déclarant 200 000 € de revenus annuels paiera 10 % sur la fraction au-delà de 24 000 €, soit environ 17 600 €. En France, ce même revenu génère une imposition d'environ 67 000 € hors prélèvements sociaux. L'écart sur ce seul poste dépasse 49 000 € par an.
Les dividendes — l'avantage le plus décisif
L'article 5.j de la Llei 5/2014 exonère expressément d'IRPF les dividendes et autres revenus issus de la participation au patrimoine net lorsqu'ils sont versés par des entités résidentes fiscales en Andorre ou par des organismes d'investissement collectif de droit andorran, dès lors que ces entités sont soumises à l'IS andorran. Autrement dit : un résident andorran actionnaire d'une SL andorrane ne paye aucun impôt sur les dividendes qu'il en perçoit.
En France, ces mêmes dividendes supportent la flat tax à 30 % — 12,8 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux. Sur un million d'euros de dividendes distribués, la différence entre les deux régimes atteint 300 000 € de charge fiscale, sur ce seul poste.
| Scénario | ★ Andorre | France | Différentiel annuel |
|---|---|---|---|
| Revenu 100 000 € | ~7 600 € d'IRPF | ~28 000 € d'IR (hors PS) | ≈ 20 400 € économisés |
| Revenu 250 000 € | ~22 600 € d'IRPF | ~94 000 € d'IR (hors PS) | ≈ 71 400 € économisés |
| Dividendes 500 000 € | 0 € (exonérés art. 5.j) | 150 000 € (flat tax 30 %) | ≈ 150 000 € économisés |
| Bénéfice distribué 1 M€ | IS 100 k€ + dividendes 0 € | IS 250 k€ + flat tax 225 k€ | ≈ 375 000 € économisés |
| Patrimoine immobilier 5 M€ (IFI) | 0 € (IFI inexistant) | ~55 000 €/an | ≈ 55 000 €/an économisés |
Estimations à titre illustratif. Les chiffres français excluent les prélèvements sociaux pour faciliter la comparaison. Chaque situation réelle nécessite un calcul individualisé.
L'IS andorran — 10 % sans coûts cachés
Le taux général de l'IS andorran est de 10 % (Llei 95/2010, art. 41). Ce taux s'applique sur le bénéfice net sans exigence particulière de substance économique au sens des normes BEPS — dès lors que la société a un siège social réel, une direction effective et une activité économique justifiée sur le territoire. Il n'existe pas à ce jour en Andorre d'exigences de "cost-sharing" ou de présence humaine minimale comparables à celles imposées dans les zones franches des Émirats.
La différence avec le régime français est structurelle : IS à 25 % en France versus 10 % en Andorre, soit un écart de 15 points. Sur un bénéfice de 500 000 €, cet écart représente 75 000 € d'impôt sur les sociétés supplémentaire en France. Ajouté à la flat tax sur dividendes — inexistante en Andorre pour les résidents — l'IS andorran rend la structure andorrane environ deux fois plus efficiente sur le plan fiscal pour un entrepreneur qui capte les bénéfices en dividendes.
IFI et droits de succession — deux impôts qui n'existent pas
En France, l'Impôt sur la Fortune Immobilière frappe les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 M€ selon un barème progressif de 0,5 % à 1,5 %. Un patrimoine immobilier de 5 M€ génère une charge annuelle d'environ 55 000 €, indépendamment de tout flux de revenus. En Andorre, aucun impôt équivalent n'existe.
Les droits de succession en ligne directe en France atteignent jusqu'à 45 %. En Andorre, l'article 5.l de la Llei 5/2014 exonère expressément les revenus qui se manifestent lors de transmissions par décès — et l'article 5.m étend cette exonération aux transmissions à titre gratuit entre vifs en faveur de personnes unies par des liens de parenté jusqu'au troisième degré. Pour les familles patrimoniales, cette double exonération peut représenter plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d'euros sur une seule génération.
Résidence fiscale andorrane : conditions réelles et pièges à éviter
L'article 8 de la Llei 5/2014 définit les critères de résidence fiscale andorrane : plus de 183 jours de présence physique sur le territoire andorran, ou localisation du "nucli principal" des activités ou des intérêts économiques en Andorre. La présence de 183 jours est cumulée en comptant les absences sporadiques — sauf si l'obligé tributaire justifie sa résidence fiscale dans un autre pays.
L'article 8 prévoit également une présomption de résidence fiscale andorrane lorsque le conjoint non séparé et les enfants mineurs remplissent eux-mêmes les critères — ce qui aligne le régime andorran sur la pratique des grandes conventions fiscales internationales et simplifie la situation des familles transférées.
Pour la résidence passive — accessible aux personnes disposant de ressources suffisantes sans exercer d'activité locale — la condition de présence est de 90 jours minimum par an (et non 183), avec un investissement obligatoire en actifs andorrans d'au moins 400 000 € (réductible via le Fonds de logement) ou 1 000 000 € dans le cadre standard.
Ce que "réelle et substantielle" signifie concrètement
Les administrations fiscales françaises et espagnoles contrôlent activement les transferts de résidence vers l'Andorre. Un dossier solide doit démontrer : la présence physique documentée (relevés de téléphonie, transactions bancaires locales, consommation d'électricité, agenda), un foyer d'habitation permanent effectif (logement occupé, non sous-loué), une activité économique exercée depuis le territoire, et si possible la scolarisation des enfants en Andorre.
Le risque de "fausse résidence" — maintien de liens familiaux, professionnels ou économiques prépondérants en France tout en revendiquant la résidence andorrane — est le principal motif de redressement. La convention franco-andorrane de 2015 prévoit des critères de départage hiérarchisés (foyer permanent, centre des intérêts vitaux, durée de séjour, nationalité) qui permettent à l'administration française de requalifier la résidence en France si la substance andorrane est insuffisante.
Exit tax : l'obstacle que tout départ vers l'Andorre doit anticiper
Quitter la France pour l'Andorre déclenche potentiellement l'Exit Tax pour tout contribuable ayant été résident fiscal français pendant au moins six des dix années précédant le départ et détenant des participations atteignant 800 000 € de valeur globale — ou représentant 50 % des droits dans les bénéfices d'une société. Ce mécanisme, prévu à l'article 167 bis du CGI, impose à la valeur des plus-values latentes au moment du départ.
La bonne nouvelle : l'Andorre ayant signé une convention d'assistance au recouvrement avec la France, un sursis de paiement automatique s'applique. L'Exit Tax n'est pas due au départ, mais seulement lors de la cession ultérieure des actifs. Un dégrèvement est possible si la cession intervient à un taux effectif inférieur.
La mauvaise nouvelle : "automatique" ne signifie pas "sans formalités". Le dossier déclaratif (formulaire 2074-ETD) doit être déposé l'année du transfert, et des obligations déclaratives annuelles persistent en France tant que les actifs n'ont pas été cédés. Ne pas les remplir expose à des pénalités significatives — y compris la remise en cause du sursis.
| Situation | Impact exit tax | Action recommandée |
|---|---|---|
| Participations < 800 k€ | Exit tax non applicable | Vérification formelle recommandée |
| Participations 800 k€ – 5 M€ | Sursis automatique (Andorre signataire) | Dépôt 2074-ETD + suivi déclaratif annuel |
| Participations > 5 M€ | Sursis + optimisation possible | Anticiper 2-3 ans avant le départ, purge progressive des PV latentes |
| Pacte Dutreil en cours | Analyse au cas par cas | Vérifier compatibilité avec le transfert de résidence |
Quel profil bénéficie le plus du différentiel fiscal ?
Entrepreneur / dirigeant actif
Gain maximalIS 10 % vs 25 % + dividendes exonérés vs flat tax 30 %. Sur un bénéfice distribué d'1 M€, le différentiel net dépasse 370 000 € par an.
Investisseur patrimonial
Gain très élevéAucun IFI, exonération des plus-values mobilières sous conditions (art. 5.k), dividendes exonérés. La base fiscale totale est réduite de 30 à 50 %.
Retraité / rentier
Gain importantIRPF plafonné à 10 % vs barème progressif français. Aucun IFI sur le patrimoine immobilier détenu. Transmission future sans droits de succession.
Famille patrimoniale
Transmission optimiséeTransmissions lucratives entre proches exonérées (art. 5.m Llei 5/2014). Pas de droits de succession. Réduction possible du coût total de transmission de 45 % à 0 %.
Créateur de contenu / sportif
Gain significatifRevenus mondiaux soumis à l'IRPF andorran à 10 % max. Droits à l'image traités comme revenus du capital — base fiscale réduite, pas de prélèvements sociaux à 17,2 %.
Salarié < 24 000 €/an
Gain marginalLe minimum exonéré couvre l'essentiel des revenus. L'avantage fiscal reste limité pour les revenus faibles — l'intérêt principal est dans la transmission patrimoniale future.
Sofía, dirigeante d'une société SaaS B2B — de Paris à Andorre-la-Vieille
Sofía, 41 ans, dirige depuis 2018 une société SaaS B2B qu'elle a fondée à Paris. En 2023, sa société génère 3,2 M€ de chiffre d'affaires et 900 000 € de bénéfice net. Elle distribue 600 000 € en dividendes. Sa charge fiscale totale cette année-là — IS à 25 %, flat tax à 30 % sur dividendes, CRDS et IFI sur son appartement parisien — dépasse 310 000 €. Taux effectif global : 48 % sur le revenu économique réel.
Elle contacte Engage en janvier 2024. L'analyse initiale révèle que la quasi-totalité de l'activité de sa société peut être réorganisée depuis une SL andorrane — ses clients sont en Suisse, Allemagne et Royaume-Uni. La présence sur le territoire andorran est réelle : Sofía peut travailler depuis Andorre, où elle aura son foyer principal. Elle dispose de ressources suffisantes pour la résidence active.
Le plan d'exécution : création d'une SL andorrane, migration progressive des contrats clients, ouverture bancaire chez Andbank, dépôt du dossier de résidence active auprès du Service d'Immigration. L'exit tax est calculée : ses participations dans la société française dépassent 800 000 €. Un sursis de paiement est demandé. La société française est maintenue pour les activités françaises résiduelles.
En 2025, première année complète sous le nouveau régime : IS 10 % sur le bénéfice de la SL andorrane (90 000 €), dividendes exonérés d'IRPF (art. 5.j Llei 5/2014), aucun IFI sur son appartement andorran (inférieur au seuil). Charge fiscale totale : 96 000 €. Économie annuelle par rapport au régime français précédent : 214 000 €.
"Je connaissais les chiffres avant de partir. Ce que je n'anticipais pas, c'est à quel point la sérénité fiscale change la façon dont on dirige une entreprise. Je pense à long terme maintenant — plus à l'optimisation trimestrielle."
Réussir son transfert de résidence fiscale en Andorre — les 6 étapes clés
Audit fiscal complet de la situation française
Calculer précisément la charge fiscale actuelle (IS, IR, flat tax, IFI, droits de succession futurs). Identifier les actifs et participations concernés par l'exit tax. Évaluer les plus-values latentes. Sans ce diagnostic initial, impossible de mesurer le différentiel réel et d'anticiper les obstacles.
Choix du statut de résidence andorran
Résidence active (activité exercée en Andorre, 183 j/an minimum), résidence passive (revenus passifs, 90 j/an, investissement 400 k€ à 1 M€), ou résidence par projection internationale (90 j/an, 85 % des revenus hors Andorre). Le bon statut dépend de la nature des revenus et des contraintes de présence.
Structuration patrimoniale et sociétaire
Création d'une SL andorrane si l'activité le justifie, mise en place d'une holding tête de groupe, ou maintien partiel des structures françaises pour les activités spécifiquement liées à la France. Alignement des flux de dividendes avec la convention fiscale franco-andorrane pour éviter les doubles impositions.
Gestion de l'exit tax
Si les participations dépassent 800 000 € : dépôt de la déclaration 2074-ETD l'année du départ, demande de sursis de paiement automatique (Andorre étant signataire d'une convention d'assistance au recouvrement). Maintien des obligations déclaratives annuelles en France pendant la période de sursis. Ne pas négliger cette étape — les pénalités pour oubli sont élevées.
Ouverture bancaire et investissement en Andorre
Due diligence renforcée dans les banques andorranes (Creand, Andbank, MoraBanc) sur les fonds en provenance de France. Préparer un dossier d'origine des fonds complet. Pour la résidence passive, réaliser l'investissement qualifié dans les 6 mois suivant la demande de résidence.
Dépôt du dossier et NIA
Dossier déposé auprès du Service d'Immigration andorran. Obtention du NIA (Numéro d'Identification Administrative). Immatriculation à la CASS (Caisse Andorrane de Sécurité Sociale). Délai total estimé : 6 à 14 mois selon la complexité du dossier et le type de résidence. Anticiper est indispensable.
Rétro-planning type — transfert de résidence France → Andorre
Les erreurs à éviter absolument
Erreur n°1 — Confondre résidence légale et résidence fiscale
Obtenir un titre de résidence andorran ne suffit pas à établir la résidence fiscale. L'administration fiscale française examine la réalité des liens économiques et personnels, pas le document administratif. Une résidence "de papier" sans présence effective et sans déplacement réel du centre des intérêts est un motif de redressement.
La solution : documenter rigoureusement la présence physique (relevés téléphoniques, transactions bancaires locales, consommations utilitaires) et s'assurer que le foyer familial principal est bien en Andorre.
Erreur n°2 — Négliger l'exit tax
Trop de départs vers l'Andorre se font sans audit préalable de l'exit tax. Le sursis de paiement est automatique — mais la déclaration 2074-ETD est obligatoire. L'oublier ou la mal compléter génère des pénalités élevées et peut remettre en cause le sursis.
La solution : mandater un fiscaliste spécialisé pour le calcul exact des plus-values latentes et le dépôt du formulaire l'année du transfert.
Erreur n°3 — Transférer la résidence sans réorganiser les structures
Un résident andorran qui dirige une société française depuis l'Andorre peut voir cette société qualifiée d'établissement stable andorran — avec toutes les conséquences fiscales. Le transfert de résidence doit s'accompagner d'une réflexion sur la direction effective des sociétés et les flux de dividendes.
La solution : réaliser un audit des structures sociétaires avant le départ et aligner la gouvernance des sociétés avec le nouveau schéma de résidence.
Erreur n°4 — Sous-estimer le délai bancaire
Les banques andorranes appliquent une due diligence renforcée sur les fonds entrant depuis des pays à forte pression fiscale. L'ouverture d'un compte peut prendre 6 à 10 semaines, voire plus si l'origine des fonds n'est pas parfaitement documentée. Partir sans compte bancaire andorran opérationnel bloque l'investissement qualifié et retarde la résidence.
La solution : préparer le dossier d'origine des fonds en amont et entamer les démarches bancaires 6 mois avant le dépôt du dossier de résidence.
Erreur n°5 — Oublier les obligations déclaratives résiduelles en France
Même après le transfert de résidence, certaines obligations perdurent en France : déclaration des comptes étrangers (formulaire 3916), suivi annuel de l'exit tax, déclaration des revenus de source française (loyers, dividendes de sociétés françaises). Les oublier expose à des amendes significatives.
La solution : mettre en place un suivi déclaratif bilatéral (France + Andorre) avec un cabinet maîtrisant les deux systèmes.
La fiscalité andorrane ne s'improvise pas — mais elle n'est pas non plus hors de portée. Les profils que nous accompagnons le plus souvent sont des entrepreneurs et des investisseurs qui, après une analyse rigoureuse, réalisent que le différentiel fiscal dépasse ce qu'ils estimaient — et que les obstacles (exit tax, résidence, restructuration) sont tous gérables avec la bonne préparation. La clé, c'est d'anticiper suffisamment tôt.
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Prendre rendez-vous avec un expertFAQ — Fiscalité Andorre vs France 2026
Quel est le taux exact de l'IRPF andorran en 2026 ?
Le taux de l'IRPF est plafonné à 10 % (Llei 5/2014, art. 43). Il s'applique après déduction du minimum personnel exempt de 24 000 € (art. 35). Ce taux est unique — il n'y a pas de progressivité entre tranches : tout revenu au-delà du minimum exonéré est imposé à 10 %, sans exception.
Les dividendes d'une société andorrane sont-ils vraiment exonérés d'IRPF ?
Oui, sous conditions. L'article 5.j de la Llei 5/2014 exonère expressément les dividendes et revenus de participation lorsqu'ils sont versés par des entités résidentes fiscales en Andorre ou des organismes d'investissement collectif de droit andorran, à condition que ces entités soient soumises à l'IS andorran. Un résident andorran actionnaire d'une SL andorrane ne paie donc aucun IRPF sur les dividendes qu'il en perçoit.
Peut-on conserver des investissements immobiliers en France en étant résident fiscal andorran ?
Oui. La convention franco-andorrane de 2015 attribue à la France le droit d'imposer les plus-values immobilières sur les biens situés en France, quelle que soit la résidence du détenteur. Les loyers perçus en France restent également imposables en France selon des règles définies par la convention. Ces revenus font ensuite l'objet d'un crédit d'impôt en Andorre pour éviter la double imposition.
Combien de temps faut-il rester en Andorre pour y être résident fiscal ?
La règle générale est de plus de 183 jours par an sur le territoire andorran (art. 8 Llei 5/2014). Pour la résidence passive, ce seuil est réduit à 90 jours par an, à condition de remplir les critères d'investissement et de revenus. Dans tous les cas, la résidence doit être réelle et documentée — la simple présence administrative sans substance ne suffit pas.
L'Andorre est-elle un paradis fiscal au sens de l'OCDE ?
Non. L'Andorre est signataire du Common Reporting Standard (CRS), du FATCA, et de la convention multilatérale OCDE sur l'assistance administrative en matière fiscale. Elle a signé plus de 10 conventions fiscales bilatérales dont celle avec la France (2015). L'Andorre ne figure sur aucune liste noire ou grise de l'Union européenne. Sa fiscalité basse est celle d'un État souverain conforme aux normes internationales, pas d'un régime d'exception artificiel.
Quels sont les revenus de source française qui restent imposables en France après un départ en Andorre ?
Selon la convention franco-andorrane de 2015 : les revenus immobiliers (loyers, plus-values) sur biens situés en France, les revenus des établissements stables français, et les pensions versées par un employeur public français. Les dividendes de sociétés françaises font l'objet d'une retenue à la source en France dont le taux est plafonné par la convention. Un crédit d'impôt en Andorre neutralise ensuite la double imposition.
Andorre a-t-elle un impôt sur les successions ?
Non. L'Andorre n'a pas d'impôt spécifique sur les successions équivalent aux droits de mutation à titre gratuit français. L'article 5.l de la Llei 5/2014 exonère expressément d'IRPF les revenus qui se manifestent lors de transmissions par décès. L'article 5.m étend cette exonération aux transmissions à titre gratuit entre vifs en faveur de proches (jusqu'au troisième degré de parenté). Cette double exonération est permanente et non soumise à conditions particulières d'âge ou de durée de détention.



