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Tout savoir sur la fiscalité des cryptomonnaies en Andorre

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Un résident fiscal français qui vend ses cryptomonnaies avec plus-value est imposé à 30 % au titre de la flat tax. En Andorre, le même gain est taxé à 10 % maximum, après une franchise de 3 000 euros, et la simple détention d'actifs numériques n'est soumise à aucun impôt. Voici comment fonctionne concrètement la fiscalité des cryptomonnaies en Andorre : imposition, déclaration, expatriation et points de vigilance.

Un cadre légal dédié et une transparence assumée

L'Andorre ne se contente pas de tolérer les cryptomonnaies : la Llei 24/2022 du 30 juin 2022 encadre les activités professionnelles liées aux actifs numériques et à la blockchain, sous la supervision de l'Autorité financière andorrane (AFA). Le régime fiscal des actifs numériques est encadré à la fois par le droit commun de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et par une disposition spécifique de la loi dédiée aux actifs numériques, qui introduit des règles propres aux cryptomonnaies : méthode d'imputation temporelle, valorisation du portefeuille, règles de compensation des pertes et abattement pour durée de détention.

Autre point essentiel : l'époque où les gains crypto échappaient au fisc faute d'information est révolue. Depuis le 1er janvier 2026, le cadre CARF de l'OCDE et la directive européenne DAC8 imposent aux plateformes d'échange de transmettre les données de transactions de leurs utilisateurs aux administrations fiscales, et l'Andorre a signé en octobre 2025 un protocole de coopération fiscale avec l'Union européenne couvrant les actifs numériques. L'intérêt de la Principauté ne réside donc pas dans une quelconque opacité, mais dans une fiscalité faible, lisible et parfaitement légale pour ses résidents.

Quels impôts s'appliquent aux cryptomonnaies en Andorre ?

Détention : zéro impôt

La simple possession de cryptomonnaies ne génère aucune imposition. L'Andorre n'applique ni impôt sur la fortune, ni taxation des plus-values latentes, quelle que soit la valeur du portefeuille.

Vente : 10 % maximum après 3 000 euros de franchise

Les plus-values de cession sont intégrées à la base de l'épargne de l'IRPF, qui regroupe intérêts, dividendes et gains en capital. Les premiers 3 000 euros de revenus de l'épargne sont exonérés chaque année, le surplus est imposé à 10 %. Cette franchise n'est donc pas propre aux cryptomonnaies : elle couvre l'ensemble des revenus de l'épargne du contribuable.

Exemple : un résident andorran achète des bitcoins pour 10 000 euros et les revend 50 000 euros, soit 40 000 euros de gain. Sans autre revenu de l'épargne, l'impôt dû est de 10 % sur 37 000 euros, soit 3 700 euros, contre 12 000 euros de flat tax pour un résident français.

Un abattement de 25 % par année de détention à partir de la deuxième année s'applique au revenu du capital dégagé, à la double condition que les actifs numériques aient été conservés sans avoir été échangés contre du fiat ou contre d'autres actifs numériques, et que le produit soit intégralement réinvesti dans des actifs situés en Andorre. Ce mécanisme peut, pour les détenteurs de long terme respectant les conditions de réinvestissement, ramener l'imposition effective bien en deçà du taux nominal de 10 %.

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Les échanges crypto vers crypto sont imposables

Différence majeure avec la France : en droit andorran, l'échange de cryptomonnaies contre du fiat ou contre d'autres cryptomonnaies constitue une transmission imposable. Chaque swap, par exemple Bitcoin contre Ethereum, matérialise un gain ou une perte à la date à laquelle l'opération est effectuée, indépendamment du moment où l'investisseur perçoit effectivement des fonds sur son compte. La valeur de transmission retenue est le montant réellement obtenu lors de l'échange, sauf lorsque celui-ci est inférieur à la valeur normale de marché, auquel cas c'est cette dernière qui prévaut. En France, ces échanges bénéficient au contraire d'un sursis d'imposition tant qu'ils restent dans la sphère crypto. Les traders actifs doivent intégrer cette donnée dans leur stratégie.

La méthode de calcul

La méthode FIFO (premières unités achetées, premières vendues) constitue la règle générale pour l'imputation temporelle des cessions de cryptomonnaies. Lorsque l'investisseur a réalisé plusieurs opérations sur une même cryptomonnaie, la valorisation du portefeuille peut être effectuée selon toute autre méthode généralement acceptée, raisonnable, fiable et adaptée aux caractéristiques du portefeuille. Une fois la méthode retenue, elle doit être conservée au minimum jusqu'à la cession complète de toutes les unités homogènes de la même cryptomonnaie. En cas de contrôle, la valorisation retenue doit pouvoir être justifiée par tout moyen de preuve admis. Pour les détenteurs historiques au prix de revient très bas, ce choix peut avoir un impact significatif : un accompagnement professionnel est recommandé avant toute cession.

Comment déclarer ses cryptomonnaies ?

Les gains et pertes de capital doivent figurer dans la déclaration annuelle d'IRPF du résident fiscal andorran. La documentation est déterminante : relevés des plateformes, historique des wallets, dates et valeurs de chaque opération. Elle sert au calcul de l'impôt, mais aussi à la relation bancaire, une traçabilité incomplète des fonds étant la première cause de refus d'ouverture de compte.

Les pertes issues de la vente ou de l'échange d'actifs numériques peuvent être compensées avec les revenus du capital de l'exercice. Le solde de pertes non absorbées peut être reporté et déduit sur les cinq exercices suivants. Cette règle spécifique diffère du délai général applicable aux autres pertes en capital, ce qui rend le suivi précis des pertes crypto d'autant plus important.

Expatriation : les règles à respecter absolument

La fiscalité andorrane ne bénéficie qu'aux résidents fiscaux de la Principauté : plus de 183 jours de présence par an ou centre des intérêts économiques en Andorre, via la résidence active, généralement adossée à la création d'une société en Andorre, ou la résidence passive pour les investisseurs. Les conditions sont détaillées dans notre guide de la résidence fiscale en Andorre. Il n'existe pas d'optimisation crypto sans transfert réel et documenté de résidence.

Vendre avant ou après le départ ?

C'est l'erreur la plus coûteuse à éviter. La plus-value est imposée dans le pays de résidence fiscale au moment de la cession : vendre alors qu'on est encore résident français déclenche la flat tax de 30 %, même si le déménagement est imminent. À l'inverse, la plus-value latente accumulée avant le départ n'est pas taxée en France au moment du transfert : elle le sera en Andorre, à 10 % maximum, lors de la cession réalisée en tant que résident andorran. La chronologie correcte : obtenir la résidence, l'établir effectivement, puis céder.

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Exit tax : les cryptos détenues en direct sont hors du champ

Selon la doctrine majoritaire, les crypto-actifs détenus en direct par une personne physique dans un cadre patrimonial n'entrent pas dans le champ de l'exit tax de l'article 167 bis du CGI, qui vise les valeurs mobilières et droits sociaux. Deux réserves : les cryptomonnaies logées dans une holding sont indirectement concernées, les parts de la société entrant pleinement dans le dispositif, et l'administration peut invoquer l'abus de droit si l'expatriation vise exclusivement à éluder l'impôt. La convention fiscale France-Andorre, en vigueur depuis 2015, élimine par ailleurs les doubles impositions et fixe les critères de départage de la résidence. Pour approfondir, consultez nos analyses de l'exit tax et de la convention fiscale franco-andorrane.

Société, mining et activités professionnelles

Les investisseurs actifs peuvent structurer leur activité via une société andorrane : impôt sur les sociétés au taux général de 10 % et dividendes de source andorrane exonérés d'impôt sur le revenu pour le résident fiscal andorran, dans les conditions du régime d'élimination de la double imposition économique. Attention toutefois : créer une société en Andorre sans transférer sa propre résidence fiscale ne produit aucun avantage. Un résident français percevant des dividendes andorrans reste soumis à la flat tax de 30 %, avec un risque de requalification au titre de l'article 209 B du CGI si la société manque de substance.

Le mining exercé à titre habituel constitue une activité économique soumise à l'impôt sur les sociétés au taux général de 10 %, dès lors qu'il est structuré via une entité. L'activité de mining en elle-même n'est pas soumise à la TVA andorrane, en l'absence de relation juridique de prestations réciproques entre le mineur et un bénéficiaire identifiable. L'enregistrement de l'activité auprès de l'administration reste requis dans les conditions du droit commun, et une licence spécifique auprès de l'autorité financière peut être nécessaire selon la nature exacte des services rendus. Les revenus de staking sont imposables au titre de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, leur qualification exacte dépendant du protocole et de la situation du contribuable. Enfin, un trading intensif et organisé peut être requalifié en activité professionnelle.

Les banques andorranes et les cryptomonnaies

MoraBanc a été la première banque du pays agréée pour la conservation et l'achat-vente d'actifs numériques, avant de lancer un fonds d'investissement en bitcoin. La place bancaire s'est ouverte aux profils crypto, mais l'exigence de conformité reste élevée : origine des fonds et traçabilité complète sont systématiquement demandées. Nos conseils pour l'ouverture d'un compte bancaire en Andorre détaillent les documents à réunir.

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Comparatif Andorre et France

Critère Andorre France
Plus-values de cession 10 % maximum, après 3 000 € de franchise 30 % (flat tax)
Échange crypto vers crypto Imposable au moment du swap Sursis d'imposition
Détention et fortune Aucune imposition Non imposée (hors IFI, qui exclut les cryptos)
Dividendes perçus par un résident Exonérés s'ils proviennent d'une société andorrane Flat tax de 30 %

En bref : les avantages d'Andorre et la cryptomonnaie

Détention non imposée, plus-values à 10 % maximum, dividendes andorrans exonérés : l'Andorre offre l'un des cadres fiscaux les plus attractifs d'Europe pour les cryptomonnaies. À deux conditions non négociables : un transfert de résidence fiscale effectif, réalisé avant toute cession significative, et une conformité déclarative irréprochable dans un contexte d'échange automatique d'informations généralisé. La chronologie des cessions et la méthode de valorisation du portefeuille méritent dans tous les cas une analyse personnalisée.

Questions fréquentes

La vente de cryptomonnaies est-elle imposable en Andorre ?

Oui. Toute cession, vente contre euros ou échange contre une autre cryptomonnaie, est un fait générateur d'imposition : le gain net est taxé à 10 % au-delà de la franchise de 3 000 euros de revenus de l'épargne.

Faut-il déclarer ses cryptomonnaies en Andorre ?

Oui, les gains et pertes réalisés doivent figurer dans la déclaration annuelle d'IRPF. Avec l'échange automatique d'informations (CARF, DAC8), les administrations reçoivent désormais les données des plateformes : la déclaration rigoureuse est la seule approche viable.

Les cryptomonnaies sont-elles soumises à l'exit tax en quittant la France ?

Les crypto-actifs détenus en direct dans un cadre patrimonial en sont exclus selon la doctrine majoritaire. En revanche, ceux logés dans une holding sont indirectement concernés via les parts de la société.

Le mining est-il autorisé en Andorre ?

Oui. Exercé professionnellement, il est encadré par la loi dédiée aux actifs numériques et imposé à l'impôt sur les sociétés au taux général de 10 %. L'activité de mining n'est pas soumise, en tant que telle, à la TVA andorrane.

Benjamin PUJOL
Fondateur de Engage
PRENdre rdv

J’exerce depuis plus de 25 ans dans le conseil fiscal, juridique et patrimonial, en accompagnant des entrepreneurs, dirigeants, investisseurs et familles à haut patrimoine dans l’expatriation fiscale en Andorre, la structuration, la transmission et la sécurisation de leurs actifs, notamment dans des contextes transfrontaliers complexes.