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Quitter Monaco pour l'Andorre

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Quitter Monaco pour l'Andorre : résidence fiscale, structuration et démarches 2026 | Engage
Résidence fiscale Expatriation Structuration patrimoniale 2026

Quitter Monaco pour l'Andorre : résidence, fiscalité et structuration en 2026

Guide complet pour les résidents monégasques qui relocalisent leur résidence fiscale en Principauté d'Andorre


Point de départ : La convention franco-monégasque de 1963 soumet les ressortissants français ayant quitté la France après 1957 à l'impôt sur le revenu français, quelle que soit leur résidence à Monaco. Pour ces profils, Monaco est fiscalement neutre — l'Andorre, couverte par la convention franco-andorrane de 2022, constitue la seule alternative européenne combinant faible pression fiscale et sécurité juridique pour les Français.

La décision de quitter Monaco pour l'Andorre répond à une logique patrimoniale précise. Ce n'est pas un changement de confort de vie — c'est un arbitrage entre deux juridictions souveraines, sur des critères fiscaux, successoraux, réglementaires et de coût global. Pour les profils non-français, Monaco reste fiscalement intéressant mais à un coût d'entrée et de maintien que beaucoup jugent disproportionné. Pour les ressortissants français, la convention de 1963 retire à Monaco la quasi-totalité de son intérêt fiscal. Dans les deux cas, l'Andorre s'impose comme la destination la mieux structurée pour une relocalisation européenne en 2026.

Ce guide détaille les conditions de la résidence andorrane, la comparaison fiscale entre les deux Principautés, la structuration patrimoniale à anticiper et les démarches concrètes à suivre — en s'appuyant sur le droit positif andorran en vigueur.

Votre départ de Monaco mérite une analyse sur mesure

Convention 1963, structures actives, patrimoine immobilier monégasque, holding : chaque profil impose une stratégie différente. Nos experts construisent avec vous le schéma optimal avant tout engagement.

Obtenir une analyse personnalisée de ma situation
Point de départ Monaco IR 0 % (hors Français)
183 j/an · Coût extrême
★ Destination cible Andorre IR ≤ 10 % · IS 10 %
Résidence passive · Permanent
Résidence passive 163 quotas/an Investissement 400 k€ – 1 M€
Dépôt AFA 50 000 €
Structuration IS 10 % SL andorrane · Holding
Convention FR-AD 2022

I. Pourquoi quitter Monaco ? Les déterminants réels de la décision

Monaco est une Principauté souveraine de 2 km² dont l'attractivité fiscale repose sur un seul pilier : l'absence d'impôt sur le revenu pour les non-Français. Ce pilier est réel — mais il masque plusieurs contraintes structurelles qui poussent un nombre croissant de résidents à envisager une relocalisation en Andorre.

La contrainte française : la convention de 1963

Tout ressortissant français ayant quitté le territoire français après le 13 octobre 1957 reste soumis à l'impôt sur le revenu français, même en résidence légale à Monaco. La convention franco-monégasque de 1963 l'établit sans ambiguïté. Pour ce profil — qui représente une part significative des résidents de la Principauté — Monaco n'offre aucun avantage fiscal sur les revenus. Le seul gain potentiel se situe sur les droits de succession, encore substantiels selon la composition patrimoniale.

L'Andorre, couverte depuis 2022 par une convention de non-double imposition avec la France, offre une rupture nette : la résidence fiscale andorrane est reconnue par l'administration française, et les revenus sont imposés en Andorre à un taux plafonné à 10 %. C'est la seule destination en Europe qui combine ce niveau de fiscalité avec une sécurité juridique pleine pour les Français.

Le coût d'entrée et de maintien à Monaco

La résidence monégasque impose une présence effective de 183 jours par an sur un territoire dont le marché immobilier est le plus cher du monde — entre 40 000 et 100 000 €/m² selon les secteurs. L'achat d'un bien situé à Monaco oblige l'investisseur à immobiliser un capital considérable sur un marché liquide mais concentré sur une superficie de 2 km². Le loyer d'un logement permettant d'établir une résidence crédible atteint couramment 8 000 à 15 000 €/mois pour un appartement familial de standing.

En Andorre, la résidence passive exige un investissement minimum de 400 000 € dans le Fonds d'Habitation, ou de 1 000 000 € dans d'autres actifs andorrans (immobilier, parts de sociétés, instruments de dette émis par des entités andorranes, produits d'assurance-vie auprès d'entités andorranes, dépôts non rémunérés à l'AFA) — un seuil qui constitue un placement réel, pas une dépense sèche. La présence requise est de 90 jours par an, soit deux fois moins qu'à Monaco.

La pression réglementaire sur les structures actives

Monaco n'impose pas les sociétés résidentes qui exercent exclusivement à l'extérieur de la Principauté — mais cette règle est soumise à des conditions de plus en plus strictes de substance économique locale. Les administrations fiscales française et espagnole surveillent avec attention les montages où la société est domiciliée à Monaco tandis que la direction effective est exercée depuis la France ou l'Espagne. L'Andorre propose un IS à 10 % sans exigences de substance comparable, avec une SL (Societat Limitada) andorrane qui peut exercer une activité internationale dans un cadre conforme aux standards OCDE.


II. Comparatif fiscal Monaco vs Andorre — données 2026

Critère fiscal Monaco ★ Andorre
IR personnes physiques (non-Français) 0 % 0 à 10 % (IRPF progressif)
IR personnes physiques (ressortissants français) IR français — convention 1963 IRPF andorran ≤ 10 % — convention 2022
Impôt sur les sociétés 0 % (activité hors Monaco, résidents) 10 %
TVA / IGI 0 % (Monaco ne collecte pas la TVA) 4,5 % (IGI)
Impôt sur la fortune Aucun Aucun
Droits de succession en ligne directe Aucun (résidents non-français) Aucun
Convention fiscale (France) Oui — défavorable aux Français (1963) Oui — favorable, signée 2022
Convention fiscale (Espagne) Oui (limitée) Oui — en vigueur
Présence minimale requise 183 j/an 90 j/an (résidence passive)
Investissement immobilier requis Achat ≥ plusieurs M€ ou loyer ≥ 5 000 €/mois 400 k€ – 1 M€ selon le véhicule d'investissement
Conformité OCDE / CRS / FATCA Partielle Totale
Durée du régime Permanent Permanent
Accessibilité du statut Très restreinte — liste d'attente Quota annuel — 163 autorisations résidence passive
Stabilité réglementaire Élevée Très élevée

Données mises à jour en mai 2026. Chaque situation patrimoniale requiert une analyse individualisée — les taux et conditions s'apprécient au cas par cas selon la nationalité, la structure des revenus et la composition du patrimoine.

Le cas spécifique des ressortissants français

Pour un Français, le passage de Monaco à l'Andorre n'est pas un arbitrage entre deux fiscalités avantageuses — c'est le passage d'une fiscalité française appliquée à Monaco à une fiscalité andorrane à taux réduit. L'IRPF andorran s'applique selon un barème progressif : 0 % jusqu'à 24 000 € de base imposable, 5 % de 24 001 € à 40 000 €, et 10 % au-delà. Pour un dirigeant ou un investisseur qui se rémunère à hauteur de 300 000 € par an, le passage à l'IRPF andorran représente une économie substantielle par rapport au barème progressif français qui atteint 45 % dans sa tranche supérieure.

La question des plus-values latentes

Tout résident fiscal français qui quitte Monaco pour l'Andorre doit vérifier si l'exit tax s'applique aux actifs détenus au moment du changement de résidence. La convention franco-andorrane de 2022 traite cette question — mais le calendrier de la sortie et la nature des actifs (titres de sociétés, parts de fonds, droits sociaux) conditionnent l'exposition effective. Une analyse préalable est indispensable avant toute démarche auprès du Service d'Immigration andorran.


III. Obtenir la résidence andorrane depuis Monaco : les trois statuts disponibles

La Loi qualifiée d'immigration andorrane, dans sa version consolidée issue de la Llei 9/2012 et de ses modifications successives, distingue plusieurs catégories d'autorisation de résidence sans activité lucrative. Les résidents monégasques en transition vers l'Andorre relèvent généralement de l'une des trois suivantes.

1. La résidence sans activité lucrative (résidence passive)

C'est le statut le plus adapté aux profils patrimoniaux : investisseurs, retraités, rentiers, chefs de famille qui cessent leur activité professionnelle. Il impose :

  • Une présence effective en Andorre de nature à y établir la résidence principale
  • Des ressources économiques suffisantes, justifiées documentairement
  • Une assurance maladie, invalidité et vieillesse valable pour l'Andorre
  • Un logement (propriété ou bail locatif) répondant aux conditions minimales d'habitabilité
  • Un investissement en actifs andorrans d'au moins 1 000 000 € (ou 400 000 € si l'investissement est réalisé dans le Fonds d'Habitation andorran)
  • Un dépôt non remboursable de 50 000 € auprès de l'Autorité Financière Andorrane (AFA), auquel s'ajoutent 12 000 € par personne à charge

Le dépôt AFA est versé définitivement à l'État andorran — il n'est pas remboursable, sauf refus de l'autorisation initiale. L'investissement en actifs andorrans, lui, doit être réalisé dans un délai de 6 mois à compter de la décision d'octroi, prorogeable de 6 mois supplémentaires en cas de force majeure.

Quota annuel : Le décret 74/2026 fixe à 163 le nombre d'autorisations de résidence sans activité lucrative pouvant être délivrées par an (sur un total de 200 résidences sans travail). Les demandes sont traitées par ordre chronologique d'arrivée, avec priorité aux ressortissants des États ayant conclu une convention avec l'Andorre, puis aux ressortissants UE/EEE. Anticiper est une nécessité, pas une recommandation.

2. La résidence pour professionnels avec projection internationale

Ce statut cible les dirigeants, consultants et cadres dirigeants dont l'activité s'exerce majoritairement hors d'Andorre (85 % minimum des revenus d'origine extérieure). Il offre les mêmes conditions fiscales que la résidence passive, avec une présence requise identique. Il s'adresse aux profils dont l'activité continue — chef d'entreprise actif, dirigeant de groupe international — sans implanter l'entreprise elle-même en Andorre.

3. La résidence et travail (compte propre)

Pour les entrepreneurs qui souhaitent exercer une activité commerciale en Andorre via une SL andorrane. Ce statut exige une participation supérieure à 34 % dans la société andorrane, l'exercice d'un mandat d'administration et d'une direction effective. Il implique un dépôt de 50 000 € à l'AFA (non remboursable après octroi) et une présence suffisante pour justifier la direction réelle de la structure. Ce n'est pas un statut de résidence passive — c'est un statut de dirigeant actif.

Conditions communes à tous les statuts

Toute demande de résidence andorrane implique : casier judiciaire vierge dans les pays de résidence et de nationalité, justificatif de logement, inscription au comú (commune) dans les trois mois suivant l'octroi de l'autorisation. L'inscription communale est obligatoire et conditionne le maintien de l'autorisation — son absence dans les délais entraîne l'annulation de plein droit.


IV. L'investissement en actifs andorrans : modalités et points de vigilance

L'investissement obligatoire pour la résidence passive (article 96 de la Llei 9/2012 consolidée) peut prendre six formes distinctes. Chacune comporte des contraintes spécifiques.

Véhicule d'investissement Montant minimum Points de vigilance
Fonds d'Habitation andorran 400 000 € Seul véhicule permettant le seuil réduit — conditions d'éligibilité à vérifier
Immobilier andorran 1 000 000 € (dont > 800 000 € par unité immobilière) Seuil minimal de 800 000 € par bien ; soumis au régime d'investissement étranger (autorisation préalable)
Parts de sociétés résidentes en Andorre 1 000 000 € Sociétés andorranes résidentes ; vérification de la résidence fiscale de la société
Instruments de dette / financiers andorrans 1 000 000 € (max 36 mois) Après 36 mois, redirection obligatoire vers un autre type d'actif andorran
Produits d'assurance-vie (entités andorranes) 1 000 000 € Conditions de rachat à analyser ; entité assureur résidente en Andorre obligatoire
Dépôts non rémunérés à l'AFA 1 000 000 € Capital bloqué sans rendement — option de dernier recours

Un résident monégasque qui dispose d'un patrimoine immobilier à Monaco ne peut pas compter cet actif comme investissement andorran. L'actif doit être physiquement situé ou émis par une entité résidente en Andorre. La cession du patrimoine monégasque pour réinvestir en Andorre doit être planifiée bien en amont, notamment pour gérer les éventuelles plus-values de cession et les délais bancaires de rapatriement de fonds.

Investissement étranger en immobilier andorran : le plafond de la Llei 5/2025

La loi 5/2025 du 6 mars 2025 a introduit des limitations à l'investissement immobilier étranger en Andorre. Un investisseur étranger ne peut pas acquérir plus d'un logement unifamilial, ou deux appartements/studios avec leurs annexes (dans la limite de 3 places de parking et 3 caves par bien), ou 6 places de parking. Ce plafond s'applique sur 10 ans à compter de la dernière acquisition. La promotion immobilière reste interdite aux investisseurs étrangers sauf exceptions limitées (logements locatifs à prix abordable, paroisses ayant révisé leur POUP). Ces contraintes conditionnent la stratégie d'acquisition pour les résidents passifs qui souhaitent investir via l'immobilier.


V. Structuration patrimoniale : SL andorrane, holding et flux de revenus

La résidence andorrane seule ne suffit pas à optimiser une situation patrimoniale complexe. Elle constitue le socle juridique — mais la structuration des revenus, des dividendes, des plus-values et de la transmission requiert une réflexion spécifique.

La SL andorrane comme outil opérationnel

La Societat Limitada (SL) andorrane est soumise à l'impôt sur les sociétés à 10 % sur les bénéfices réalisés. Elle peut exercer une activité internationale et facturer des clients étrangers sans contrainte de substance locale comparable aux free zones de Dubaï. Sa constitution implique un capital minimum de 3 000 € et son administration doit être exercée depuis l'Andorre — condition qui renforce l'ancrage réel du dirigeant sur le territoire.

Pour un résident monégasque qui exploitait une société à Monaco (IS à 0 % sur activité hors Monaco), le passage à une SL andorrane représente une charge IS de 10 % — mais sans les contraintes de substance et avec une convention fiscale bilatérale qui sécurise les flux. Le différentiel se réduit considérablement lorsqu'on intègre le coût d'un compliance monégasque exigeant et les risques de requalification par les administrations fiscales françaises ou espagnoles.

La holding andorrane : optimisation des dividendes et de la transmission

Une holding andorrane peut percevoir des dividendes de filiales étrangères avec une imposition réduite en vertu du régime de participation-exemption andorran. Les plus-values sur cession de participations qualifiées bénéficient d'une exonération partielle. Ce dispositif est pertinent pour les profils qui détiennent des participations dans des sociétés opérationnelles françaises, espagnoles ou internationales — la holding andorrane permet de centraliser les dividendes dans une juridiction à 10 % d'IS avant distribution au résident.

Revenus passifs et IRPF andorran

Les dividendes, loyers et revenus financiers perçus par un résident andorran sont soumis à l'IRPF selon le barème général (0 %, 5 %, 10 %). Pour un portefeuille de 2 000 000 € générant 80 000 € de revenus annuels, l'IRPF andorran représente environ 5 600 € — contre 30 000 € à 35 000 € dans un régime français standard. La différence est considérable et permanente, sans limitation de durée.

Transmission : l'absence de droits de succession en ligne directe

L'Andorre ne perçoit aucun droit de succession entre parents et enfants. Pour un patrimoine de 5 000 000 €, cet avantage représente une économie de l'ordre de 1 500 000 € à 2 500 000 € par rapport au régime français, selon la composition du patrimoine et le degré de parenté. Pour les profils dont la transmission est un objectif prioritaire, cet élément justifie à lui seul la structuration via l'Andorre.


VI. Quel statut andorran selon votre profil depuis Monaco ?

Investisseur patrimonial (non-Français)

→ Résidence passive

IR à 0 % à Monaco, passage à IRPF ≤ 10 % en Andorre. La différence est marginale — l'arbitrage se fait sur les droits de succession, le coût global et la présence requise (90 j vs 183 j).

Ressortissant français à Monaco

→ Résidence passive / proj. internationale

Monaco fiscalement neutre (convention 1963). L'Andorre offre un IRPF à 10 % reconnu par la France. Gain immédiat et permanent sur revenus, dividendes et transmission.

Chef d'entreprise actif

→ Résidence + SL andorrane

Société à Monaco soumise aux risques de requalification si direction exercée depuis l'extérieur. SL andorrane à IS 10 %, sans coûts de substance excessifs, avec convention bilatérale.

Profil UHNW avec transmission prioritaire

→ Résidence passive + holding

Aucun droit de succession en ligne directe en Andorre. Holding andorrane pour centraliser les dividendes. Combinaison la plus efficace pour un patrimoine destiné à être transmis.

Famille avec enfants scolarisés

→ Résidence passive ou active

L'installation familiale durable est plus aisée en Andorre qu'à Monaco en termes de coût. La résidence principale effective — requise dans les deux statuts — est mieux compatible avec une vie quotidienne établie.

Nomade digital / consultant international

→ Proj. internationale ou nómade

Résidence pour professionnels avec projection internationale (85 % revenus hors Andorre) ou statut nomade numérique si critères remplis. Présence de 90 j/an compatible avec un agenda international.


Étude de cas

Isabelle, 54 ans — holding familiale et résidence passive depuis Monaco

48 % IR effectif avant
10 % IRPF andorran max
0 € Droits de succession AD
8 mois Durée de structuration
"J'ai passé sept ans à Monaco en pensant que la convention de 1963 ne me concernait pas directement, parce que je n'avais plus de revenus salariaux en France. Ce que je n'avais pas intégré, c'est que mes dividendes de holding française restaient soumis au prélèvement forfaitaire unique français, peu importe ma résidence monégasque. Engage a mis deux heures à me démontrer que j'étais dans la même situation qu'une résidente fiscale française. La transition vers l'Andorre m'a pris huit mois — et j'aurais dû le faire cinq ans plus tôt." Isabelle P., 54 ans, ancienne résidente de Monaco, résidente passive en Andorre depuis 2024

Isabelle est une française de 54 ans qui a quitté Paris en 2017 pour s'établir à Monaco. Elle détient une holding française dont les filiales opérationnelles génèrent environ 420 000 € de dividendes annuels, ainsi qu'un portefeuille immobilier en France et en Belgique. Sa résidence monégasque était juridiquement valide — 183 jours de présence documentés — mais son avocat fiscaliste l'avait mal conseillée sur la portée de la convention de 1963. Ses dividendes français restaient intégralement soumis au régime fiscal français.

En 2023, elle contacte Engage pour une première analyse. Le diagnostic établit que la résidence monégasque ne produit aucun effet fiscal pour elle, et que sa situation est équivalente à celle d'une résidente fiscale française supportant 30 % de flat tax sur ses dividendes — soit 126 000 € d'impôt annuel. La stratégie retenue comprend : obtention d'une résidence passive andorrane, interposition d'une holding andorrane entre la holding française et les filiales, rapatriement progressif des dividendes vers la holding andorrane, puis distribution à la résidente selon l'IRPF andorran.

Le dossier de résidence est déposé en mars 2024. L'autorisation est obtenue en août 2024. L'investissement obligatoire — 1 000 000 € en parts d'une SL andorrane constituée à cet effet — est réalisé dans le délai réglementaire. Sur l'exercice 2025, premier exercice fiscal complet sous régime andorran, l'IRPF dû sur les dividendes perçus est de 37 800 € contre 126 000 € sous le régime antérieur.


VII. Les 7 étapes d'une relocalisation réussie de Monaco vers l'Andorre

1

Audit fiscal de la situation monégasque

Vérifier la réalité de la convention de 1963 sur votre situation personnelle : nationalité, date de départ de France, nature des revenus, liens fiscaux résiduels avec la France ou l'Espagne. Cartographier les structures existantes (sociétés monégasques, holdings, participations) et évaluer les risques de requalification. C'est le préalable à tout engagement.

2

Choix du statut de résidence andorran

Résidence passive (90 j/an, investissement 400 k€ – 1 M€), résidence pour professionnels avec projection internationale, ou résidence et travail par compte propre. Le bon statut dépend de la nature de votre activité, de votre niveau de revenus, et de la composition de votre patrimoine. Ce choix engage la suite de la structuration.

3

Planification de l'exit tax et des plus-values latentes

Pour les ressortissants français, vérifier l'exposition à l'exit tax sur les participations détenues au moment du changement de résidence. La convention franco-andorrane traite ce sujet — mais le calendrier de cession, la nature des actifs et les seuils de déclenchement conditionnent l'exposition effective. Anticiper 12 à 18 mois avant le déménagement est préférable.

4

Structuration patrimoniale et sociétaire en Andorre

Création de la holding andorrane ou de la SL opérationnelle selon le profil retenu. Alignement des flux de dividendes, des participations et des actifs financiers avec la nouvelle structure. Désignation de mandataires sociaux résidents en Andorre pour les sociétés qui le requièrent.

5

Préparation bancaire et rapatriement des fonds

Les banques andorranes (Creand, Andbank, MoraBanc) appliquent une procédure de due diligence rigoureuse sur les capitaux entrant depuis Monaco. Un dossier d'origine des fonds complet — traçabilité des revenus, déclarations fiscales des 3 dernières années, justificatifs de cession — est indispensable. Le délai d'ouverture d'un compte andorran est de 4 à 10 semaines selon les établissements.

6

Dépôt du dossier de résidence et réalisation de l'investissement

Dossier déposé auprès du Service d'Immigration andorran. Paiement du dépôt AFA (50 000 €, non remboursable après octroi). Délai de traitement : 2 à 4 mois. Une fois l'autorisation obtenue, l'investissement obligatoire en actifs andorrans doit être réalisé dans les 6 mois (prorогeable de 6 mois supplémentaires).

7

Inscription au comú et clôture de la résidence monégasque

Inscription obligatoire au comú (commune andorrane) dans les 3 mois suivant l'octroi de l'autorisation — faute de quoi l'autorisation est annulée de plein droit. Parallèlement, démarches de cessation de résidence à Monaco (notification au service d'État civil, résiliation de couvertures locales, fermeture de comptes si nécessaire).

Calendrier prévisionnel

M0 – M3

Audit et stratégie. Analyse fiscale de la situation monégasque, choix du statut, diagnostic exit tax, structuration patrimoniale projetée.

M3 – M6

Préparation. Constitution de la SL ou holding andorrane, ouverture bancaire, préparation du dossier d'immigration, rapatriement partiel de fonds.

M6 – M9

Dépôt et instruction. Dossier de résidence déposé au Service d'Immigration. Paiement du dépôt AFA. Instruction administrative.

M9 – M12

Obtention et installation. Octroi de l'autorisation. Réalisation de l'investissement obligatoire. Inscription au comú. Clôture formelle de la résidence monégasque.

M12 – M18

Premier exercice fiscal andorran. Déclaration IRPF en Andorre. Vérification de la résidence fiscale avec l'administration française si applicable.


VIII. Les erreurs à éviter dans une transition Monaco – Andorre

Erreur n°1 — Sous-estimer la convention de 1963

De nombreux résidents français à Monaco n'ont pas pleinement mesuré la portée de la convention franco-monégasque de 1963. Elle couvre non seulement les revenus salariaux, mais aussi les dividendes de sociétés françaises, les revenus fonciers de source française, et selon les cas les revenus de source étrangère rattachés au domicile fiscal français. La solution : un audit fiscal préalable systématique avant de planifier quoi que ce soit.

Erreur n°2 — Confondre résidence andorrane et résidence principale effective

Obtenir l'autorisation d'immigration andorrane ne suffit pas. La résidence doit être réelle et documentée — centre des intérêts vitaux, présence effective, foyer principal en Andorre. Une résidence de façade sans substance réelle expose au risque de requalification par l'administration française qui applique ses propres critères de domicile fiscal, indépendamment des règles d'immigration andorranes. La solution : documenter dès le premier jour la réalité de la résidence — relevés bancaires, présence, correspondances.

Erreur n°3 — Négliger l'investissement étranger immobilier

La Llei 5/2025 limite l'investissement immobilier étranger en Andorre à deux appartements maximum (+ annexes limitées) par investisseur non-résident, sur une période de 10 ans. Tout achat immobilier andorran supérieur à 800 000 € par unité requiert une autorisation préalable d'investissement étranger. Les délais d'obtention s'ajoutent au calendrier global. La solution : intégrer ces contraintes dès la sélection du véhicule d'investissement obligatoire.

Erreur n°4 — Sous-estimer le quota annuel

Le quota de 163 autorisations de résidence passive par an est fixé par décret et respecté strictement. Un dossier incomplet, ou déposé tardivement dans l'année, peut entraîner un report d'un an. La priorité chronologique s'applique — les dossiers prêts en janvier ont un avantage structurel sur ceux déposés en septembre. La solution : déposer un dossier complet dès le premier trimestre.

Erreur n°5 — Ouvrir un compte bancaire andorran sans préparer l'origine des fonds

Les banques andorranes appliquent une politique KYC et AML stricte, en conformité avec les standards OCDE. Les capitaux provenant de Monaco font l'objet d'une attention particulière — non pas parce que Monaco est une juridiction non coopérative, mais parce que les flux internationaux significatifs requièrent une traçabilité complète. Un dossier bancaire mal préparé peut bloquer l'ouverture plusieurs mois. La solution : préparer 3 ans de déclarations fiscales, justificatifs de revenus et de cession avant toute démarche bancaire.

Erreur n°6 — Oublier l'exit tax sur les participations

Tout résident fiscal qui quitte la France (ou est assimilé à tel via la convention de 1963) et détient des participations dans des sociétés d'une certaine taille peut déclencher l'exit tax française sur les plus-values latentes. Le passage à une résidence fiscale andorrane reconnue par la France est une "sortie" au sens fiscal. La solution : analyser l'exposition à l'exit tax 18 mois avant le déménagement effectif et, si nécessaire, utiliser les dispositifs de report disponibles.


La transition Monaco – Andorre est l'une des relocalisations les plus mal anticipées que nous rencontrons. Les résidents monégasques supposent souvent que leur situation est optimisée — et découvrent à l'analyse qu'ils supportent une fiscalité française intégrale depuis des années, ou que leur structure sociétaire est fragilisée par un défaut de substance réelle. Notre rôle commence par un diagnostic honnête, pas par une promesse de résultat. La transition prend entre 8 et 14 mois selon la complexité — et chaque mois anticipé vaut plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie fiscale.

Prêt à construire votre stratégie de départ depuis Monaco ?

Convention de 1963, structures actives, patrimoine immobilier, exit tax : chaque situation requiert une analyse spécifique. Nos experts établissent avec vous le diagnostic complet et le plan d'action avant tout engagement.

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FAQ — Quitter Monaco pour l'Andorre en 2026

Un Français résidant à Monaco a-t-il vraiment intérêt à partir en Andorre plutôt que de rester ?

Dans la très grande majorité des cas, oui. La convention franco-monégasque de 1963 soumet les Français installés à Monaco après 1957 à l'impôt sur le revenu français. Monaco ne leur offre donc aucun avantage fiscal sur les revenus. L'Andorre, reconnue par la convention franco-andorrane de 2022, leur permet d'appliquer un IRPF plafonné à 10 % — reconnu comme résidence fiscale effective par l'administration française. Pour un profil générant 200 000 € ou plus de revenus annuels, le gain annuel est immédiatement substantiel.

Quel est le montant exact à investir pour obtenir la résidence passive andorrane ?

L'article 96 de la Llei 9/2012 consolidée fixe le seuil à 1 000 000 € d'actifs andorrans (immobilier, parts de sociétés andorranes, instruments de dette, produits d'assurance-vie auprès d'entités andorranes, dépôts non rémunérés à l'AFA). Ce seuil est réduit à 400 000 € si l'investissement est réalisé dans le Fonds d'Habitation andorran. À cela s'ajoute un dépôt non remboursable de 50 000 € à l'AFA (12 000 € par personne à charge supplémentaire).

Peut-on conserver un bien immobilier à Monaco tout en étant résident en Andorre ?

Oui, la détention d'un bien immobilier à Monaco n'est pas incompatible avec la résidence andorrane. Mais ce bien sera soumis aux règles fiscales monégasques — et son loyer éventuel sera déclaré en Andorre. Le point de vigilance principal est l'appréciation par l'administration française des critères de résidence effective : disposer d'un logement à Monaco peut être utilisé comme indice d'un maintien du centre des intérêts en dehors de l'Andorre. La résidence andorrane doit être réelle et documentée.

Combien de temps faut-il pour obtenir l'autorisation de résidence passive andorrane ?

Le dossier complet déposé auprès du Service d'Immigration andorran est instruit en 2 à 4 mois. Mais l'ensemble de la transition — audit, structuration patrimoniale, ouverture bancaire, dépôt, investissement — s'étale entre 8 et 14 mois selon la complexité de la situation. Compte tenu du quota annuel de 163 autorisations (décret 74/2026), déposer un dossier complet au premier trimestre optimise les chances d'obtention dans l'année.

La société que j'exploite depuis Monaco peut-elle être transférée en Andorre ?

Une société monégasque ne peut pas être "transférée" juridiquement en Andorre — elle doit être dissoute et une nouvelle société andorrane constituée. La transition implique de gérer les actifs de la société monégasque, les engagements en cours, les contrats clients et les flux bancaires. Elle soulève également des questions fiscales sur les boni de liquidation et les plus-values de cession d'actifs. Une structuration propre — constitution de la SL andorrane en amont, puis liquidation de l'entité monégasque de manière ordonnée — est la seule approche qui évite les écueils.

Andorre est-elle une juridiction transparente et conforme aux standards internationaux ?

Oui. L'Andorre est conforme aux standards de l'OCDE en matière d'échange automatique d'informations fiscales (CRS), de lutte contre le blanchiment (FATCA) et de transparence bancaire. Elle a signé et ratifié les conventions bilatérales avec la France (2022), l'Espagne et d'autres juridictions. Son régime fiscal n'est pas une "exception" susceptible d'être remise en cause politiquement — c'est la structure fiscale permanente d'un État souverain. Cette stabilité réglementaire est l'un des critères qui distinguent fondamentalement l'Andorre des destinations qui ont réformé leurs régimes sous pression (Portugal NHR, Dubaï Corporate Tax).

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