S'expatrier de Monaco en Andorre : le guide fiscal 2026
Convention franco-monégasque, résidence passive, exit tax : tout ce que les résidents de la Principauté doivent savoir avant de partir
Point clé : La convention franco-monégasque de 1963 soumet les ressortissants français résidant à Monaco au barème progressif français — jusqu'à 45 % sur les revenus, plus prélèvements sociaux à 17,2 %. Monaco ne procure aucun avantage fiscal réel pour ce profil. Un transfert de résidence vers Andorre plafonne l'IRPF à 10 % de manière permanente, sans limite de durée.
Vous résidez à Monaco et vous avez constitué votre patrimoine dans la Principauté. L'élégance du cadre de vie, la sécurité, le réseau international — tout cela est réel. Ce qui l'est moins, pour les ressortissants français, c'est l'avantage fiscal que Monaco est supposé procurer. La convention de 1963 vous maintient dans le giron de l'administration française, avec un barème progressif identique à celui d'un résident parisien. Si votre objectif est une fiscalité durablement allégée, Andorre constitue en 2026 la seule alternative crédible en Europe : IRPF plafonné à 10 % (taux unique confirmé par la Llei 5/2014), aucun impôt sur la fortune, aucun droit de succession en ligne directe, et une convention franco-andorrane opérationnelle depuis 2022.
Ce guide détaille les conditions réelles du transfert de résidence de Monaco vers Andorre — les exigences légales, les pièges à éviter, les délais à anticiper. Chaque chiffre est vérifié dans la législation andorrane en vigueur.
Votre transition mérite une stratégie sur mesure
Chaque profil de résident monégasque est différent. Patrimoine, nationalité, structures sociétaires, situation familiale : nos experts construisent avec vous le schéma optimal avant d'engager la moindre démarche administrative.
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I. Monaco et les Français : l'illusion fiscale que la convention de 1963 entretient
La convention franco-monégasque du 18 mai 1963 est le texte que tout résident français à Monaco doit lire avant de se féliciter de son optimisation fiscale. Elle impose aux ressortissants français qui ont quitté la France après 1957 de rester soumis à l'impôt sur le revenu français dans les mêmes conditions qu'un résident de métropole. Autrement dit : un entrepreneur français qui perçoit des dividendes depuis Monaco supporte le barème progressif jusqu'à 45 %, plus les prélèvements sociaux à 17,2 % sur les revenus du capital — soit une pression fiscale globale approchant 62 % sur les dividendes.
Cette règle ne souffre aucune exception pour les personnes physiques françaises. Les non-Français résidant à Monaco — Britanniques, Belges, Italiens, Russes — bénéficient quant à eux d'une IR à 0 % de façon permanente. La distinction est radicale, et elle passe systématiquement sous silence dans les discussions autour de Monaco comme destination d'expatriation.
Pourquoi des résidents français restent-ils à Monaco malgré tout ?
Plusieurs raisons expliquent ce maintien. D'abord, la qualité de vie et le réseau UHNW de la Principauté ont une valeur réelle, indépendamment de la fiscalité. Ensuite, Monaco présente un avantage résiduel pour les Français sur certains actifs : les plus-values immobilières sur des biens situés à Monaco échappent à la taxation française, et les droits de succession restent plus favorables qu'en France pour les biens monégasques. Enfin, l'IFI (impôt sur la fortune immobilière) ne frappe que les biens situés en France — un résident français à Monaco qui a déplacé son patrimoine immobilier hors de France n'est pas assujetti à l'IFI.
Mais pour les revenus courants — salaires, dividendes, revenus d'activité — Monaco est fiscalement équivalent à la France pour un ressortissant français. Ce constat pousse chaque année davantage de résidents monégasques français à envisager une vraie rupture fiscale. Et en 2026, après la fermeture du NHR portugais, Andorre est la seule destination en Europe qui la rend possible de façon permanente et sécurisée.
| Critère fiscal | Monaco (résident français) | ★ Andorre |
|---|---|---|
| IR sur revenus d'activité | Barème progressif FR · jusqu'à 45 % | IRPF 10 % · taux unique · permanent |
| Dividendes | Flat tax 30 % ou barème (+ PS 17,2 %) | 10 % · aucun prélèvement social additionnel |
| Plus-values mobilières | Flat tax 30 % (capitaux français) | 10 % · exonération après 3 ans de détention pour certains actifs |
| Impôt sur les sociétés | 0 % à Monaco · mais IS FR sur sociétés françaises | 10 % · aucun coût de substance additionnel |
| Impôt sur la fortune (IFI) | Sur biens immobiliers FR uniquement | Aucun impôt sur la fortune |
| Droits de succession | Règles FR sur biens FR et droits de résidence FR | Aucun en ligne directe |
| Convention avec la France | Convention 1963 — défavorable aux Français | Convention 2022 — résidence andorrane reconnue |
| Présence minimale requise | 183 j/an | 90 j/an (résidence passive) |
| Durée du régime | Permanente | Permanente |
| Coût de vie | Le plus élevé d'Europe | Modéré · 30 à 40 % inférieur à Monaco |
Données 2026. La colonne Andorre est mise en avant car elle correspond au périmètre d'expertise d'Engage. Chaque situation patrimoniale nécessite une analyse individualisée.
II. Andorre en 2026 : une fiscalité permanente, vérifiée et sécurisée
Andorre applique un IRPF à taux unique de 10 % sur la totalité des revenus du résident fiscal andorran, conformément à l'article 43 de la Llei 5/2014. Ce taux n'est pas une exception temporaire ni un régime spécial susceptible d'être supprimé — c'est la structure fiscale permanente de l'État andorran, qui compte 77 000 habitants et dont les finances publiques sont équilibrées sans pression à la hausse des impôts.
Ce que confirme la convention franco-andorrane de 2022
Depuis l'entrée en vigueur de la convention franco-andorrane de non-double imposition, la résidence fiscale andorrane est pleinement reconnue par l'administration française. C'est l'élément qui change tout pour un résident monégasque français : Monaco ne pouvait pas offrir cette sécurité juridique (la convention de 1963 faisait précisément le contraire), là où Andorre la garantit — à condition que la résidence soit effective et documentée.
Les quatre piliers de la fiscalité andorrane
IRPF à 10 %. Taux unique, sans tranches progressives. Exonération de déclaration pour les revenus du travail et du capital immobilier inférieurs à 24 000 € par an (art. 42 du Reglament de l'IRPF). Au-delà, un seul taux s'applique à la totalité des revenus.
IS à 10 %. L'impôt sur les sociétés andorran est lui aussi plafonné à 10 %, sans exigence de substance économique coûteuse. Une société andorrane (SL) peut être créée avec 100 % de capital étranger depuis 2012, et son administration n'impose aucun des surcoûts de compliance rencontrés à Monaco ou à Dubaï.
Aucun impôt sur la fortune, aucun droit de succession en ligne directe. Pour un profil patrimonial venant de Monaco avec des actifs mobiliers et immobiliers significatifs, ces deux absences représentent un gain structurel majeur sur la durée.
IGI à 4,5 %. La taxe indirecte andorrane (IGI) est la plus basse d'Europe, contre 20 % de TVA en France.
| Type de revenu | Monaco (résident français) | ★ Andorre | Gain annuel · 500 k€ de revenus |
|---|---|---|---|
| Dividendes nets | ~47 % (flat tax + PS) | 10 % | +185 000 €/an |
| Revenus d'activité | ~45 % (barème marginal) | 10 % | +175 000 €/an |
| Plus-values mobilières | 30 % (flat tax) | 10 % | +100 000 €/an |
| Loyers perçus hors France | ~30 % (barème + PS) | 10 % | +100 000 €/an |
Simulation indicative sur 500 000 € de revenus. Les situations réelles varient selon la nature des actifs, le pays d'origine des revenus et les conventions bilatérales applicables.
III. Les conditions légales de la résidence andorrane depuis Monaco
Le droit andorran distingue plusieurs statuts de résidence. Pour un profil patrimonial quittant Monaco, deux options sont pertinentes : la résidence sans activité lucrative (communément appelée résidence passive) et la résidence active pour les entrepreneurs souhaitant exercer une activité en Andorre.
La résidence passive (sans activité lucrative)
La Llei 9/2012 de modificació de la Llei qualificada d'immigració, dans son article 96 consolidé, fixe les conditions d'investissement pour la résidence sans activité lucrative. Le cadre légal est le suivant :
| Condition | Exigence légale (2026) | Précisions |
|---|---|---|
| Investissement principal | 1 000 000 € minimum | Immobilier, participations andorranes, fonds agréés, produits d'assurance-vie andorrans ou dépôt AFA. Délai de 6 mois pour réaliser l'investissement après obtention de l'autorisation. |
| Cas spécial Fonds d'Habitatge | 400 000 € | Uniquement si l'investissement porte directement ou indirectement sur le Fonds d'Habitatge andorran. |
| Contribution gouvernementale | 50 000 € non remboursables | Versement à l'AFA au moment de la demande. Non récupérable sauf refus de l'autorisation initiale. + 12 000 € par personne à charge. |
| Présence minimale | 90 jours/an | Résidence principale et effective en Andorre. À documenter rigoureusement (présence physique, relevés bancaires andorrans, abonnements locaux). |
| Quota annuel | 163 autorisations | Pour 2026 (Decret 74/2026). Attribution par priorité chronologique, avec priorité aux ressortissants des pays ayant signé une convention avec Andorre. |
| Assurance santé | Obligatoire | Couverture maladie, incapacité et vieillesse en vigueur pour Andorre, pour toute la durée de l'autorisation. |
| Logement | Obligatoire | Propriétaire ou locataire d'un logement aux conditions d'habitabilité réglementaires. À présenter au dépôt du dossier ou dans l'année suivante (compromis accepté). |
Investissement immobilier et seuil unitaire : si l'investissement en actifs andorrans est réalisé partiellement ou totalement en biens immobiliers, chaque unité immobilière acquise doit représenter un investissement supérieur à 800 000 €. L'achat de deux biens à 500 000 € chacun ne satisfait pas à cette exigence.
La résidence active — pour les entrepreneurs
Le profil qui souhaite exercer une activité en Andorre peut opter pour la résidence et travail par compte propre. Ce statut exige une présence de 183 jours par an, la création d'une société andorrane avec participation supérieure à 34 %, un dépôt de 50 000 € à l'AFA (non remboursable), et la démonstration d'une activité économique réelle sur le territoire. Depuis 2026, un business plan détaillé est requis pour les nouvelles demandes.
Quel statut choisir si vous venez de Monaco ?
Rentier / investisseur passif
→ Résidence passiveRevenus de capitaux, dividendes, loyers, plus-values. L'investissement de 1 M€ est le seuil standard ; à documenter dans les 6 mois suivant l'autorisation.
Retraité patrimonial
→ Résidence passivePensions de source étrangère, rendements immobiliers. IRPF à 10 % sans plafond de durée. Aucun impôt comparable au barème progressif français.
Entrepreneur actif
→ Résidence activeCréation d'une SL andorrane, activité réelle en Principauté. IS à 10 %, IRPF à 10 %. 183 jours de présence requis.
Famille avec enfants
→ Résidence passiveContribution de 12 000 € par personne à charge. Scolarité trilingue en Andorre. Qualité de vie et sécurité parmi les meilleures d'Europe.
Isabelle, 54 ans — Fondatrice cédante, résidente à Monaco depuis 8 ans
Isabelle dirige depuis Monaco une société de conseil en cybersécurité depuis 2016. Résidente française à Monaco, elle subit intégralement la flat tax à 30 % et les prélèvements sociaux à 17,2 % sur les dividendes qu'elle perçoit. Après la cession de sa société pour 3,2 M€, l'administration française lui réclame 47 % sur la plus-value nette — soit près d'1,5 M€ de taxation, comme si elle avait résidé à Paris. Elle contacte Engage 14 mois avant la cession planifiée pour un audit complet. La stratégie mise en place : transfert de résidence vers Andorre avec résidence passive (investissement de 1 M€ dans un bien immobilier en Principauté), audit de l'exit tax sur ses participations, restructuration de la cession via une SL andorrane détenant les droits intellectuels de sa société. La cession intervient 13 mois après l'établissement de sa résidence fiscale andorrane. La plus-value est taxée à 10 % en Andorre au lieu de 47 % en France. L'économie nette dépasse 1,18 M€ sur cette seule opération.
"Je pensais que Monaco était ma protection fiscale depuis 8 ans. J'ai découvert que j'étais au barème français depuis le début. Engage a restructuré l'ensemble en 14 mois — le timing était serré mais réalisable. Je ne refais pas les calculs des années passées, mais je ne referai plus cette erreur."
IV. Exit tax et obligations françaises résiduelles : anticiper avant de partir
Le transfert de résidence depuis Monaco vers Andorre déclenche potentiellement l'exit tax française pour les contribuables qui ont été résidents fiscaux français pendant au moins 6 des 10 dernières années et qui détiennent des participations significatives.
Les conditions de déclenchement de l'exit tax
L'exit tax s'applique aux plus-values latentes sur droits sociaux et valeurs mobilières lorsque leur valeur dépasse 800 000 € ou que les droits représentent plus de 50 % des bénéfices sociaux d'une société. Pour un résident monégasque français détenant des participations dans une société non cotée valorisée plusieurs millions d'euros, ce seuil est presque systématiquement atteint.
Un sursis de paiement est possible, mais ses conditions dépendent de la destination du transfert. Andorre ayant signé une convention de non-double imposition avec la France, des modalités spécifiques peuvent s'appliquer — à vérifier au cas par cas avec un avocat fiscaliste franco-andorran.
Les obligations déclaratives résiduelles envers la France
Même après l'établissement de la résidence en Andorre, certaines obligations persistent. La déclaration de clôture de résidence fiscale en France doit être déposée dans les délais légaux. Les revenus de source française (revenus fonciers sur biens situés en France, dividendes de sociétés françaises) restent imposables en France selon la convention franco-andorrane, au taux de la retenue à la source applicable ou du barème réduit conventionnel. Les comptes bancaires étrangers doivent être déclarés. Si vous détenez un patrimoine immobilier en France, l'IFI continue de s'appliquer sur ces biens.
La coordination entre la sortie monégasque et l'entrée andorrane est le point le plus délicat de l'ensemble du processus. Une période de flottement administratif — où vous n'êtes plus officiellement résident à Monaco mais pas encore résident en Andorre — crée une ambiguïté sur le domicile fiscal réel et peut coûter plusieurs mois d'imposition supplémentaires à taux plein.
V. Les 7 étapes d'une relocation réussie de Monaco vers Andorre
Audit patrimonial complet — 12 à 18 mois avant le départ
Cartographier l'ensemble du patrimoine : participations sociétaires, actifs immobiliers en France et ailleurs, plus-values latentes, régime matrimonial, droits des héritiers. Identifier les risques d'exit tax et calibrer le coût réel du transfert de résidence. Cet audit conditionne toutes les décisions suivantes.
Choix du statut de résidence andorran
Résidence passive (90 j/an, investissement 1 M€), résidence pour professionnel avec projection internationale (90 j/an, activité professionnelle exercée hors Andorre), ou résidence active (183 j/an, activité en Andorre). La nature des revenus et les contraintes de présence déterminent le statut optimal.
Restructuration patrimoniale et sociétaire préalable
Si vous détenez des participations sociétaires importantes, la restructuration doit intervenir avant ou concomitamment au transfert de résidence — jamais après, sous peine de voir l'exit tax s'appliquer sur des actifs que vous n'avez pas encore optimisés. Création éventuelle d'une holding andorrane ou d'une SL comme nouvelle tête de structure.
Trouver un logement et signer un bail ou un compromis
Le justificatif de logement est une pièce obligatoire du dossier de demande de résidence. Un compromis de vente est accepté avec obligation d'acte définitif dans l'année. Les paroisses d'Escaldes-Engordany, Andorra la Vella et La Massana concentrent la majorité des biens disponibles à l'achat ou à la location.
Dépôt du dossier au Servei d'Immigració
Constitution du dossier complet : formulaire officiel, passeport, casier judiciaire vierge (de moins de 3 mois), justificatif de logement, assurance santé en vigueur pour Andorre, preuve de moyens économiques suffisants (supérieurs à 300 % du salaire minimum andorran annuel pour le titulaire principal). Versement simultané des 50 000 € à l'AFA. Délai de traitement : 2 à 4 mois.
Réaliser l'investissement en actifs andorrans
Dans les 6 mois suivant l'obtention de l'autorisation, investir le montant requis (1 M€ en standard, 400 000 € via le Fonds d'Habitatge) et fournir les justificatifs au Servei d'Immigració dans le mois suivant l'échéance. Sans cette preuve, l'autorisation est annulée de plein droit (art. 79.h de la Llei 9/2012).
Radiation de Monaco et déclaration de départ auprès des autorités françaises
Coordonner la radiation auprès des autorités monégasques et la déclaration de départ en France (déclaration de clôture). L'inscription au comú andorran (certificat d'inscription à la paroisse) doit intervenir dans les 3 mois suivant l'obtention de l'autorisation. L'affiliation à la CASS (Caixa Andorrana de Seguretat Social) complète l'installation.
Rétro-planning indicatif
Les erreurs à éviter lors d'une relocation Monaco–Andorre
Erreur n°1 — Confondre titre de séjour andorran et résidence fiscale effective
Obtenir l'autorisation de résidence andorrane ne suffit pas. L'administration fiscale française exige la preuve de 183 jours de présence physique effective sur le sol andorran si elle conteste le transfert. La présence minimale légale andorrane (90 j/an pour la résidence passive) ne correspond pas aux 183 jours que la France peut exiger pour reconnaître une résidence étrangère si d'autres critères du domicile fiscal (foyer permanent, centre des intérêts) restent en France.
Solution : tenir un journal de présence documenté, conserver tous les justificatifs physiques (tickets, relevés bancaires andorrans, abonnements locaux, consultations médicales en Andorre) et déplacer réellement le centre de gravité de sa vie vers la Principauté.
Erreur n°2 — Restructurer les participations après le départ
Certains résidents transfèrent leur résidence en Andorre puis restructurent leurs participations sociétaires dans les mois suivants, pensant bénéficier du taux andorran. Si les plus-values latentes existaient au moment du départ et que l'exit tax a été déclenchée, la restructuration post-départ ne les efface pas — elle peut même aggraver la situation si elle est perçue comme un acte d'optimisation abusive par l'administration française.
Solution : toute restructuration doit être conçue et, dans la mesure du possible, réalisée avant ou concomitamment au transfert de résidence, dans le cadre d'un plan coordonné avec un conseiller franco-andorran.
Erreur n°3 — Sous-estimer le délai pour l'investissement obligatoire
L'investissement de 1 M€ doit être réalisé dans les 6 mois suivant l'obtention de l'autorisation, avec une prorogation possible de 6 mois supplémentaires en cas de force majeure ou faute d'un tiers. Passé ce délai, l'autorisation est annulée automatiquement. Dans un marché immobilier andorran parfois tendu, trouver et finaliser un bien de plus de 800 000 € (seuil unitaire obligatoire pour l'immobilier) en 6 mois demande une préparation bien antérieure à la demande de résidence.
Solution : identifier le bien immobilier ou l'actif cible avant de déposer le dossier. Un compromis signé au moment de la demande accélère la procédure et sécurise le timing.
Erreur n°4 — Ignorer le quota annuel de résidences passives
Pour 2026, le Decret 74/2026 fixe à 163 le nombre d'autorisations de résidence sans activité lucrative disponibles par an. Ces places sont attribuées par ordre chronologique de demande, avec priorité aux ressortissants des pays ayant signé une convention avec Andorre (dont la France). Une demande tardive en cours d'année peut tomber hors quota et être repoussée à l'année suivante.
Solution : déposer le dossier en début d'année civile. Anticiper de 12 à 18 mois permet de cibler la fenêtre d'ouverture du quota sans subir les délais d'attente.
Erreur n°5 — Oublier les implications pour le régime matrimonial et les successions
L'établissement de la résidence habituelle en Andorre peut modifier la loi applicable au régime matrimonial et aux successions pour les couples non mariés sous contrat ou dont le régime est soumis à la loi du pays de résidence. Pour les familles avec des héritiers résidant en France, les règles applicables à la succession andorrane — où aucun droit de succession n'existe en ligne directe — doivent être coordonnées avec les règles françaises applicables aux biens situés en France.
Solution : consulter un notaire franco-andorran avant le départ pour cartographier les implications du transfert sur le régime matrimonial et la transmission patrimoniale.
Nous accompagnons régulièrement des résidents monégasques français qui découvrent, parfois après des années, que Monaco ne leur a procuré aucun avantage fiscal réel. Le départ de Monaco vers Andorre est l'une des relocations les plus techniquement complexes que nous gérons — exit tax, coordination monégasque-andorrane-française, investissement obligatoire, quota annuel. Mais c'est aussi l'une de celles où le gain net sur 5 ans est le plus documentable. Notre équipe maîtrise chaque étape du processus.
Approfondir votre réflexion
Ces articles complètent le guide Monaco–Andorre sur les aspects fiscaux et pratiques de l'installation en Principauté.
Prêt à engager votre transfert de résidence vers Andorre ?
Exit tax, choix du statut, investissement obligatoire, coordination monégasque-andorrane : nos experts analysent votre situation patrimoniale et construisent avec vous la stratégie la plus adaptée à votre profil et à votre calendrier.
Prendre rendez-vous avec un expertFAQ — Relocation Monaco vers Andorre
Un résident français à Monaco paie-t-il vraiment l'IR français ?
Oui, sans exception. La convention franco-monégasque du 18 mai 1963 soumet les ressortissants français ayant quitté la France après 1957 à l'impôt sur le revenu dans les mêmes conditions qu'un résident de métropole. Cette règle s'applique à tous les revenus — salaires, dividendes, plus-values mobilières, revenus fonciers — quelle que soit leur source géographique. Monaco n'offre aucun avantage fiscal pour ce profil sur les revenus courants.
Quel est le montant exact de l'investissement obligatoire pour la résidence passive en Andorre en 2026 ?
L'article 96 de la Llei 9/2012 (version consolidée 2026) fixe le seuil standard à 1 000 000 € en actifs andorrans (immobilier, participations dans des sociétés andorranes, fonds d'investissement agréés, produits d'assurance-vie andorrans ou dépôt à l'AFA). Ce montant est réduit à 400 000 € si l'investissement porte sur le Fonds d'Habitatge andorran. En cas d'investissement immobilier, chaque bien acquis doit représenter plus de 800 000 € unitairement. S'y ajoutent 50 000 € de contribution gouvernementale non remboursable à l'AFA.
Combien de jours faut-il passer en Andorre pour la résidence passive ?
La loi andorrane exige que la résidence soit la résidence principale et effective, sans fixer explicitement un nombre de jours pour la résidence passive (sans activité lucrative). En pratique, 90 jours par an est le seuil couramment retenu et appliqué par le Servei d'Immigració. Attention : ce seuil andorran ne coïncide pas nécessairement avec les critères de l'administration fiscale française pour reconnaître une résidence étrangère (183 jours ou centre des intérêts vitaux). Une présence effective et documentée est indispensable.
L'exit tax s'applique-t-elle lorsqu'on quitte Monaco pour Andorre ?
L'exit tax française s'applique aux contribuables ayant été résidents fiscaux français pendant au moins 6 des 10 dernières années et détenant des participations dont la valeur dépasse 800 000 € ou représentant plus de 50 % des bénéfices sociaux d'une société. Un résident français à Monaco, fiscalement domicilié en France malgré sa résidence monégasque, entre dans ce cadre. Un sursis de paiement peut être obtenu sous conditions. Ce sujet doit impérativement être traité avec un avocat fiscaliste avant d'engager la moindre démarche.
Peut-on conserver des actifs immobiliers en France après son installation en Andorre ?
Oui. Détenir des biens immobiliers en France depuis Andorre est possible. Ces biens restent soumis à la fiscalité française selon la convention franco-andorrane : les revenus fonciers sont imposables en France (retenue à la source ou taux conventionnel), et l'IFI s'applique sur le patrimoine immobilier situé en France si le seuil de 1 300 000 € est atteint. La résidence andorrane ne fait pas disparaître ces obligations — elle allège les revenus non français.
Combien de temps prend l'ensemble du processus de transfert de Monaco vers Andorre ?
Entre 12 et 18 mois pour une transition sécurisée. L'audit patrimonial initial prend 4 à 6 semaines, la restructuration éventuelle des participations peut demander 3 à 6 mois, l'ouverture bancaire andorrane 4 à 8 semaines, le traitement du dossier de résidence 2 à 4 mois, et la réalisation de l'investissement obligatoire dispose de 6 mois après l'autorisation. Engager la démarche avec 18 mois d'avance supprime tout risque de flottement fiscal entre les deux résidences.
Andorre est-elle une juridiction reconnue fiscalement par la France ?
Depuis l'entrée en vigueur de la convention franco-andorrane de non-double imposition (2022), la résidence fiscale andorrane est pleinement reconnue par l'administration française. Andorre est conforme aux standards OCDE, est signataire de la Convention d'assistance administrative mutuelle en matière fiscale et participe au système CRS d'échange automatique d'informations financières. Ce n'est pas une juridiction opaque — c'est une juridiction à fiscalité légalement allégée, ce qui est radicalement différent.



